Le mouvement rebelle accepte de quitter la ville du Sud-Kivu, mais pose des exigences sécuritaires et politiques précises.
Dans un contexte de tension régionale croissante, l’AFC/M23 a annoncé, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2025, son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, deuxième agglomération du Sud-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce retrait intervient moins d’une semaine après la prise de la ville par le groupe rebelle, soutenu par le Rwanda, selon plusieurs sources internationales.
Dans un communiqué diffusé publiquement, le mouvement affirme répondre à une demande des États-Unis, tout en qualifiant sa décision de « mesure de confiance en soutien au processus de Doha ». Cependant, ce retrait reste conditionnel : l’AFC/M23 exige la démilitarisation complète de la ville, la protection de la population locale, et surtout le contrôle du cessez-le-feu par une force neutre internationale.
Cette annonce intervient alors que les pressions diplomatiques américaines sur Kigali s’intensifient. Le 12 décembre, devant le Conseil de sécurité, l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, a accusé le Rwanda de compromettre la stabilité régionale. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a ensuite dénoncé une violation de l’accord de paix signé début décembre à Washington. Enfin, l’ambassadrice américaine à Kinshasa, Lucy Tamlyn, a évoqué de potentielles sanctions contre les acteurs perturbateurs si les engagements de paix n’étaient pas respectés.
La situation reste fragile à Uvira, et la mise en œuvre effective du retrait dépendra de la réponse des autorités congolaises et de la communauté internationale aux exigences posées par l’AFC/M23.